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L’adresse canonique : désigner la page qui fait foi

Plusieurs adresses montrent le même propos : la page nue, la page filtrée, la page avec un paramètre de suivi. L’adresse canonique désigne, parmi elles, la version qui fait foi. Elle tient en une ligne, elle se relit en quelques secondes, et c’est l’un des signaux qui gagne le plus à être écrit juste. Voici ce qu’elle désigne, jusqu’où elle porte, et les cinq règles qui la tiennent.

Ce qu’elle désigne, et jusqu’où elle porte

Une adresse canonique est une indication : vous dites au moteur quelle version vous jugez principale ; il en tient compte, et il garde la liberté de retenir une autre adresse s’il juge votre déclaration incohérente. Une canonique confirmée par les liens internes, par le plan de site et par les redirections est une canonique suivie : le signal vaut par l’accord de tout le reste avec lui.

Elle laisse l’index entier ouvert : c’est une désignation, et son seul effet est de choisir. Quand elle pointe vers une AUTRE page, vous demandez vous-même à Google d’oublier celle-ci — et il obéit. C’est une cause fréquente de pages « explorées, actuellement non indexées » sur des sites par ailleurs irréprochables.

La règle tient donc en une phrase. La canonique doit être absolue et identique à l’adresse réellement servie : même protocole, même domaine, même casse, même barre oblique finale. Tout écart fait d’elle la désignation d’une autre ressource.

Les cinq règles à tenir

Elles tiennent toutes au même point : la balise désigne exactement la page qui la porte. Une balise présente et d’apparence correcte peut pourtant désigner autre chose. Chacune de ces règles se vérifie depuis la réponse servie, sur pièces.

  1. 01

    Une canonique absolue

    Écrite en chemin relatif, la canonique est résolue par le navigateur et par le robot à partir de l’adresse courante. Un chemin juste sur une page devient faux sur une autre, et le signal désigne alors une adresse qui reste à écrire.

    La vérifier : Lisez la valeur brute de la balise dans la réponse HTML, plutôt que celle que vous affiche un inspecteur : celui-ci vous montre déjà l’adresse résolue, donc toujours plausible.

    La tenir : Une adresse absolue, protocole et domaine compris, écrite en entier dans la balise. C’est la seule forme qui se relit telle quelle, où qu’elle se trouve.

  2. 02

    La barre oblique finale telle qu’elle est servie

    Le serveur sert une adresse avec barre oblique finale, la canonique en déclare une autre, écrite barre retirée — ou l’inverse. Ce sont deux adresses différentes, et la page se déclare donc ailleurs qu’où elle est.

    La vérifier : Comparez caractère par caractère l’adresse servie et l’adresse déclarée. Une différence d’un seul signe suffit à séparer les deux.

    La tenir : Choisir une forme, la servir partout, la déclarer partout : liens internes, plan de site et canonique alignés sur la même écriture.

  3. 03

    Le protocole, le domaine et la casse réellement servis

    Une canonique laissée en clair alors que le site est servi en TLS, ou écrite avec un domaine et une casse autres que ceux servis, désigne une autre ressource. Une adresse comme celle-ci, écrite ici en texte, désigne une page différente de sa version sécurisée : http://exemple.fr/Page/ et le sous-domaine www suit la même règle. La déclaration reprend le protocole, le domaine et la casse réellement servis.

    La vérifier : Demandez la page telle qu’elle est publiée et relisez la balise dans la réponse. La canonique doit être identique, à la lettre, à l’adresse que vous venez d’appeler.

    La tenir : Générer la canonique à partir de l’adresse servie elle-même, plutôt que d’une constante recopiée d’un environnement de recette.

  4. 04

    Une canonique posée sur la destination finale

    Quand la balise désigne une adresse qui répond par une redirection, le moteur se voit renvoyé ailleurs par la page qu’on lui présentait comme celle qui fait foi : le signal se perd. Posée sur la destination, elle arrive à bon port du premier coup.

    La vérifier : Appelez l’adresse déclarée et regardez le code de réponse. Une canonique valable répond directement, en une seule étape.

    La tenir : Faire pointer la canonique sur la destination finale, celle qui répond elle-même, du premier coup.

  5. 05

    Une canonique en une seule étape

    A désigne B, qui désigne C. Le signal se perd en route, et la page qui devait faire foi devient une autre que celle que vous croyez. La chaîne est la version silencieuse du point précédent : chaque maillon est valide, et l’ensemble se tait.

    La vérifier : Suivez la déclaration de proche en proche. Une page dont la canonique désigne une page qui en désigne encore une autre est déjà en chaîne.

    La tenir : Une seule étape : toutes les variantes d’un même propos désignent directement la version retenue, et elle seule.

Canonique et hreflang : chaque langue est canonique d’elle-même

Les deux signaux disent deux choses différentes. hreflang annonce que plusieurs pages sont les versions linguistiques d’un même propos ; la canonique désigne, à l’intérieur d’une langue, l’adresse qui fait foi. Chaque page de langue est donc canonique d’elle-même.

La tentation consiste à croire que la version française est « l’originale » et à faire pointer les traductions vers elle. Une page traduite qui se déclare canonique de la version française sort ses traductions de l’index : vous avez écrit vous-même que ces pages se résument à celle-là. Sur notre site, huit langues sont servies — français, anglais, espagnol, allemand, italien, portugais, néerlandais et polonais — et chacune porte sa propre canonique.

Canonique et pagination

Une série paginée pose la même question à l’envers. La deuxième page d’une liste montre un autre contenu que la première : ce sont deux propos distincts, donc deux adresses qui se valent. Déclarer la page deux canonique de la page un revient à demander qu’on oublie la page deux — avec elle, les éléments qu’elle est seule à présenter.

Chaque page de la série est donc canonique d’elle-même. La canonique reste l’outil des déclinaisons qui laissent le propos intact — tris, filtres, paramètres de suivi — quand des pages présentant chacune des éléments différents gardent chacune la sienne.

Comment nous la tenons

Une canonique juste le jour de la mise en ligne peut devenir fausse à la publication suivante : un changement de gabarit, un domaine de recette laissé dans une constante, une barre oblique ajoutée par une route. C’est pourquoi la vérification appartient à la publication elle-même, plutôt qu’à la relecture.

Sur ce site, la garde de publication compare la canonique de CHAQUE page servie à son adresse attendue, et ouvre la mise en ligne à la seule condition qu’elles soient identiques, à la lettre — dans les huit langues. SEO Records applique le même principe chez vous : il corrige les signaux au moment où la page est servie, dès 199 €/an.

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